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L’Iran : au coeur des paradoxes Imprimer Envoyer
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L'Iran unique et multiple à la fois ! Unique par la place qu'occupe la religion musulmane, plus particulièrement le chiisme qui est né de la question de la succession du prophète Mahomet ; unique par le caractère militant et politique de cet islam qui octroie aux Mollahs d’immenses pouvoirs. Multiple par les nombreux paradoxes qui animent une société qui, par certains côtés, frise la "schizophrénie".


Il faut bien avoir à l’esprit que malgré la nature islamique de la République d’Iran, cela ne signifie pars pour autant que la population, dans sa totalité, soutienne le régime des Mollahs ; bien au contraire, on perçoit une certaine animosité, voire un rejet. On ne prend guère de risque en affirmant que seuls 25 à 30% des Iraniens peuvent être qualifiés de religieux, voire d’ultra-religieux pro-mollahs, ce qui est loin de correspondre à l’image diffusée par nos médias. Mais voilà, le pouvoir demeure entre les mains du Guide Suprême et des autres religieux. Ce rejet, en ce qui concerne la pratique religieuse, et le mépris que certains de ces Mollahs peuvent inspirer, ne doivent pas laisser penser que le régime peut disparaître du jour au lendemain.

Les récentes déclarations de hauts responsables de la diplomatie occidentale, peuvent paraître à bien des égards irréfléchies, voire irresponsables…L’Iran n’est pas l’Irak ! Même si certains se plaisent à rêver qu’un régime plus démocratique va émerger, il n’en demeure pas moins qu’un fort sentiment nationaliste ainsi qu’une fierté d’appartenir à l’une des plus vieilles civilisations, au demeurant la Perse, dominent. Il faut entendre par là que la question du nucléaire rencontre bien peu d’opposants, voire aucun, au sein d’une nation iranienne qui n’admet pas qu’on lui dicte sa conduite et encore moins qu’au nom de « la Sécurité et de la paix pour le monde » on lui refuse l’accès au nucléaire.

Il ne faut pas omettre de préciser que les menaces répétées de sanctions plus sévères à l’encontre de l’Iran, ne font que renforcer un président, Mahmoud Ahmadinejad, qui depuis quelques temps souffrait d’un déficit de popularité du fait d’une politique économique et sociale plutôt chaotique.

Le pouvoir iranien n’hésite pas à avancer la question des intérêts nationaux face à une présence américaine en Irak et en Afghanistan, ressentie de plus en plus comme une menace.

Qui plus est, l’Iran bénéficie d’un soutien ou du moins d’un non-alignement de Moscou et de Pékin quant à la politique unilatérale de l’administration Bush. En effet, les deux puissances supportent de plus en plus mal la politique hégémonique américaine, et c’est à ce titre qu’elles n’ont pas hésité à défrayer la « chronique internationale » en invitant, en juin 2006, le président Ahmadinejad à prendre la parole au cours du sixième sommet de l’OCS1 qui s’est tenu à Pékin. Il semble également qu’un autre pas sera franchi d’ici peu, en faisant de l’Iran un membre à part entière de l’OCS.

Il paraît peu probable que le changement de négociateur iranien2, pour la question du nucléaire, annonce une nouvelle orientation de la politique iranienne…Bien au contraire. Les inquiétudes persistent, notamment en ce qui concerne la prolifération nucléaire dans la région ; on ne peut guère écarter l’idée que d’autres pays n’envisagent à leur tour de se doter du nucléaire civil…Et d’ailleurs au nom de quoi peut-on leur en interdire l’accès quand on sait que d’autres nations, autrement plus instables, la possèdent.

Il serait peut-être temps que Washington et par là-même l’Union européenne songent à mettre tout en œuvre pour avoir une aussi bonne expertise du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient, que celle qu’ils ont eue pour le bloc soviétique durant la Guerre Froide… La tendance actuelle, qui peut se révéler à bien des égards fâcheuse, est de trop souvent faire un amalgame entre les pays qui constituent cette zone géographique qui est loin d’être homogène. Il est clair que la politique américaine menée sur le terrain en réponse au 11 septembre 2001, est un échec total…L’instabilité est une donnée, plus que jamais, indissociable de la région.Cette « mission » de diffuser la démocratie et ce par tous les moyens, sous le prétexte que des Etats démocratiques ne se font pas la guerre, peut être interprétée de deux façons bien distinctes : soit cela est la marque d’une naïveté aveuglante, soit ce n’est qu’un leurre…L’avenir nous le dira !


1Organisation de Coopération de Shanghai : Fondée le 15 juin 2001, l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) compte aujourd'hui six pays membres, qui sont la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Cette organisation prône en effet une nouvelle vision de sécurité, un nouveau modèle de coopération régionale et un nouveau type de rapports entre les Etats. Les pays membres ont renforcé leur confiance et leur coopération sur le plan militaire et intensifié leur collaboration substantielle dans la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme.

2Mr Ali Larijani a démissionné le 20 octobre dernier ; il sera remplacé par Saïd Jalili, le nouveau secrétaire du Conseil suprême. Ce dernier était vice-ministre des affaires étrangères, considéré comme un proche du président Ahmadinejad.

© Carole André-Dessornes - Octobre 2007


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